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vendredi 8 mai 2015

Review Ciné: Interstellar de Christopher Nolan


WARNING : des spoilers sont présents dans cette critique toute fraîche (ou chaude, j’hésite entre les deux expressions… mais bref), tu peux continuer si tu as déjà vu le film ou si tu t’en bats les steaks mais ne va pas te plaindre à la gendarmerie locale ou à Google que tu as été traumatisé par ma faute ! Bonne lecture et hésites pas à faire des donations si tu aimes le blog (RIB et adresse fournis sur demande) !
 
" Regarde ma chérie les belles étoiles... de jour ! "


      " Vers l'infini et au-delà ! ". Cette devise a hanté ma plus tendre enfance et marque encore ma personne tant j’ai été médusé par le phrasé mythique de ce cosmonaute fou qu'est Buzz l'éclair. Véritable déclaration d'amour pour l'aventure et les étoiles, elle est devenue l'incantation parfaite du "toujours plus loin, toujours plus fort" et un hymne à se lancer dans l'aventure.


Même les minous sont atteints par le phénomène  !


Le dernier film de Christopher Nolan est une parfaite retranscription de ce sentiment là (Quoi ?! Un spin-off de Toy Story ?!) et une belle description de l'amour  comme vecteur et essence de notre humanité.


Cooper (Matthew McConaughey - éternel Rust Cohle de True Detective (QUOI ?! Vous avez jamais vu ce chef d'oeuvre ?!)) est un brave ex-ingénieur reconverti en fermier (José Bové where are you ?) cultivant avec le peu de moyens qu'il a, les dernières récoltes possibles sur Terre. En effet, dans le futur notre planète se meurt en devenant peu à peu un véritable désert. Cette désagrégation, elle est lente, inarrêtable mais aussi et surtout peu extraordinaire.

 
"So... you're telling me that our biggest ennemy is dust ? Well, let's call Dyson"


Oubliez "2012" et "Armageddon", point d'explosions, de flammes ou de vaisseaux aliens pour nous tuer: une simple tempête de poussière aride aura raison de nous. Cette simplicité de la menace et du trépas des Hommes marque le désespoir d'une société humaine qui a trop longtemps nié son impact sur son environnement/écosystème et s’inscrit à présent dans un déni des plus totales sur sa propre histoire (nous ne sommes jamais allé sur la lune... même Tintin ?!) et ses capacités (tout le monde est formé pour devenir agriculteur, le paradis pour Europe Écologie - les Verts !).


Comme si, horrifiée par les innovations qu'ils ont mis en oeuvre, la civilisation humaine ne se mettait plus qu’à voir dans la technique et le progrès scientifique, une folle tentative à s'imposer comme maître de la Nature (merci Descartes pour ton souhait pourri) et accélérer leur chute. Peur d'une malédiction ? Psychose ? Traumatisme ? Ou réel dépit ? Cette humanité-là, fait bien de la peine à voir (tu peux parler tu t'es pas vu toi ! (crise de schyzophrénie dsl))...
 
 
"Fuck it, we go to space with Catwoman !" 


C'est dans ce contexte que Cooper accepte la dernière mission spatiale humaine qui lui est proposée par un certain Dr Brawn (Michael Caine... Alfred <3 <3 <3) dont il a pu avoir les coordonnés par lecture de poussière (après twitter, voilà le réseau social du futur !): retrouver les membres d’une mission d’exploration d’un autre univers pour trouver un nouveau monde habitable pour l’Humanité. En attendant, le brave docteur se chargera de solutionner l'équation de la gravité afin de permettre l’évacuation des populations restantes sur Terre.

 
" Magic Matthew "
Sans hésitations, Cooper part. Fatigué de voir sa famille dépérir sans rien pouvoir faire, il va, pour la première fois de sa vie, user pleinement de ses facultés dans un but non illusoire (fini les rêves à la con à se prendre pour le pilote, là on passe enfin aux choses sérieuses !). Il devra cependant faire face au désespoir et à la colère de sa fille, Murphy, qui n’arrive à comprendre le choix de son père qu'elle considère comme un abandon : pourquoi partir pour les sauver s’il ne pourra certainement pas revenir ? Son choix aura une certaine conséquence sur sa relation de parent et c’est là tout le cœur du film et sa véritable beauté. Comment promettre à son enfant l’impossible si on est sûr de rien hormis de l’amour qu’on lui porte ? Entre le cœur et la logique, quelle position adopter ?

 
" I'll be back " - Cooper citant le grand prophète Schwarzy


Une équipe est formée afin de mener à bien ce qui nous est présentée comme l’ultime mission spatiale de la NASA (ou du moins ce qu’il en reste). En cas d’échec, ils devront se référer à un plan B visant une relative préservation de la race humaine (comprendre ici que le vaisseau est une banque de sperme et d’ovules pleine à craquer pour coloniser un nouveau monde ! (hmm oui c’est un peu dégueulasse mais bon tant que rien ne se renverse à l’intérieur "everything’s allright" ;-) )). Cooper, la fille du Dr Brawn (Anne Hattaway – sexy catwoman rrrr) et deux autres compères scientifiques peu caractérisés (le film fait quand même 2h30 alors bon…) mais aussi TARS, soit le robotlepluscooldumondebondieuprenezmonargent (fusion parfaite entre un énorme IPad et une œuvre d’art contemporain avec un humour aussi ravageur que votre grand père sous cocaïne) constituent le groupe de personnages principaux que nous allons suivre dans la seconde partie du film (agrémenté de courtes scénettes sur Terre avec la famille de Cooper).

 
Ce robot a juste une classe divine, c'en est honteux!

Traversant un trou de verre (non pas le tien abruti d’ivrogne ! L’abus d’alcool est dangereux pour la santé je vous le rappelle (spoiler ?!)) pour arriver jusqu’à l’autre univers, leur périple les mènera à visiter des mondes aux architectures invraisemblables (imaginez un océan sans fin avec des vagues de la taille de l’empire state building ? Ça donne envie de surfer hein ?!) et ô combien nolanniens (nouvel adjectif dans le prochain Larousse – la planète aux montagnes dans le ciel et au sol fait directement penser au Paris déformé d’Inception).

 
" Hmm mec comment on fait pour rejoindre les pistes d'en haut ?"

Mais tout voyage a son lot d’imprévus et celui-ci n’en fera pas exception, bien au contraire... Face aux lois physiques, ils ne pourront malheureusement rien et seront très vite ramenés à leur simple nature humaine. Le temps et la vitesse s’imposent ainsi comme les vrais antagonistes de cette fable spatiale et ces ennemis là, au contraire d’un caricatural parrain de la drogue ou  d’un terroriste de NCIS, n’ont aucune pitié.

 
Bon lui aussi est un personnage à part entière dans le film... Et non ce n'est pas un donut!

Ainsi, une vingtaine d’années se voit envoler pour Cooper et ses coéquipiers pour un arrêt mal géré. Des années perdus qu’il n’a pas subi physiquement mais que sa fille a vécu à le renier et le haïr, des instants envolés avec sa famille (voir son fils construire sa propre famille, etc) et qu’il ne peut rattraper.


 
" Papaoutai " - Tube favori des enfants de Cooper

C’est cette profonde blessure humaine qui va mener les personnages vers le grand final du film où une certaine vérité émergera, ébranlant leurs convictions sur le réel motif de leur voyage mais aussi sur leur conception de l’humanité. Comme pour « Snowpiercer », Interstellar met en face l’un de l’autre : humanité et Humanité, les confrontant, les interrogeant mais sans jamais juger lequel est le plus moral par rapport à l’autre. Chaque choix pouvant se justifier à lui-même et nous renvoyant à notre conception personnelle de la survie, de la filiation mais aussi des choix moraux.
La conclusion du film est un formidable ballet dansant de manœuvres d’engins spatiaux et de saut dans l’inconnu. Sans en dévoiler l’intégralité, il est difficile de ne pas être happé par la tension grandissante et au désespoir  s'accumulant au fur et à mesure que s’enchaînent les séquences.

 
Une autre réaction possible après le visionnage du film...
 

Tout comme Curtis, l'homme au bonnet de "Snowpiercer", Cooper fait un choix – entre la folie et la raison – et va jusqu’au bout de celui-ci quand bien même il n’a que peu conscience des répercussions. Rares sont les personnages aussi têtus et passionnels que celui dépeint par Mathew Mcconaughey : pas un gros costaud ni un génie des sciences mais avant tout un père et un homme à failles. C'est là, la réelle motivation de Nolan, non pas d'essayer de produire le "2001: l'odyssée de l'espace" d'aujourd'hui (non sérieusement combien de "critiques" citent le film de Kubrick dès qu'une oeuvre cinématographique sur l'espace sort ?) mais de dépeindre une relation humaine fragile mais ô combien endurante malgré le temps et la distance. Ainsi, elle nous est présentée comme élément indissociable de tout individu, marquant sa perception du monde et ses actions: serait-ce alors une caractéristique de notre humanité sachant qu'aucun ne peut la renier ?

Si l'intrigue peut souffrir d'une écriture assez "écologique" (tout ce qui nous est montré sera réutilisé et expliqué), elle ne dénature jamais cet aspect tout comme l'intensité émotionnelle du voyage de Cooper jusqu'aux siens.

Mais oui Matthew on le sait le film il est top, pas besoin de lever le pouce !



S’il n’est pas parfait (certains personnages peu développés, une ou deux longueurs, pas assez de Matthew McConaughey ni de Jessica Chastain mais surtout WHERE IS BATMAN ?!), Interstellar s’impose comme une œuvre clé dans la filmographie de Christopher Nolan de par le spectre des émotions qu’il nous fait subir mais aussi le portait simple et touchant de la relation entre un père et sa fille que tout a séparé (euh… il a un fils aussi mais bon on s’en fout). Mention spéciale à la b.o de Hans Zimmer particulièrement innovante dans le répertoire du compositeur et qui fait tout le charme du film.

Note:

/5

Master Class Slip Interstellaire - Passionnant et envoûtant à voir absolument (ne serait-ce que pour voir Matthew McConaughey s'envoyer en l'air...dans l'espace ! 
Bonus track du Slip: votre robot TARS fait maison grâce... à une tablette de Kit kat (placement de prooooooduit!)

vendredi 21 novembre 2014

Review TV Serie: Arrow Saison 1

 " La cagoule c'est de la merde... vive les capuches !"

      Dans une ville habitée par le crime et la désolation, un homme a décidé de faire entendre sa voix et de ramener la justice dans cette cité de St Étienne qu'il aime tant. Après 5 années passées sur l'île de Koh Lanta, il est enfin prêt à revenir et à faire tâter de son arc de Robin des bois (Kevin Costner si tu me lis... <3) tout criminel qui osera se trouver sur son chemin...
 
Euh what ?! St Étienne, Koh Lanta mais c'est quoi cette bêtise que je vous balance ??? Hop mettons un slip propre, avalons un bon Nesquik (ok c'est le dernier placement de produit que je fais dans cet article promisjurésurlaviedemamère (pardonne moi maman de jurer en ton nom...) !) et recommençons si vous voulez bien !

http://pmupsg.files.wordpress.com/2013/03/resizedimage626349-gauthier.jpeg
" C'est par là, la sortie ptit gars ! "

Arrow est une série américaine (non t'es sûr c'est pas cambodgien?) sur Oliver Queen (et pas Queer hein, on se calme les rigolos) revenu après 5 ans de galère sur une île (LOST le traumatisme) dans sa ville natale de Starling City. 

Parti en croisière avec son père, un gars du personnel et... la soeur de sa petite amie (oui oui c'est bien ce que vous lisez, le type est un enfoiré), le bateau des Queen fut pris dans une terrible tempête qui provoqua le naufrage du yacht.Traumatisé par la mort de sa copine d'une nuit, Oliver dut subir une nouvelle épreuve après des jours d'errances sur un caneau de sauvetage: le suicide de son père qui, après avoir tué leur homme à tout faire (sérieux aucun respect pour cette profession !), lui révèle qu'il est devenu riche et puissant en profitant de leur ville et en la corrompant. 

Il lui fait alors promettre de rétablir les choses en son nom afin d'effacer ses erreurs et de racheter le nom de leur famille. C'est peu de temps après qu'il arrive enfin sur l'île où il passera les cinq prochaines années à se battre pour survivre et si possible accomplir cette promesse qui le tourmente déjà.

Quand Robinson Crusoé et Robin des Bois font un enfant

Bon, on va pas se leurrer les enfants. Le petit Oliver au début il est pas beau, il est con (Mickael Vendetta reste tout de même pire hein), il comprends rien à rien et franchement les filles cachez lui votre soeur sinon il va la noyer et la caresser avant ! Mais ce n'est pas le propos de la série enfin pas vraiment (mec tu l'as regardé ou pas ?)... 

Ces 23 épisodes qui composent la saison 1 de Arrow vont avant tout nous conter le retour d'Oliver chez lui, ses aventures nocturnes en pyjama vert pour rétablir l'ordre dans sa ville selon la volonté de son papa (brave petit) et en parallèle ses galères passées sur l'île.

 
"Moundir pourquoi t'es devenu asiatique ?"

Revenu "grandi" de ce stage dans la nature, Oliver va s'appliquer à laver cette ville qu'il aime tant de toutes les menaces possibles. Armé du carnet de son père écrit à l'encre invisible (le citron meilleur arme des secrets pas secrets) notre héros vert agit comme un bon cuisinier suivant la recette de sa grand-mère. Appliquant l'adage du "tuer pour guérir" il est dans la lignée des dures leçons qu'il a apprises lors de ses années de perdition et est déterminé à faire tous les sacrifices pour terminer "la mission".

Si l'on pouvait craindre que la chaîne CW nous réatomise le cerveau avec un pseudo-Smallville (si tu connais pas tu es encore vierge) couplé à du sous "The Dark Knight", qu'on se rassure tout de suite il n'en est rien ici... Enfin un peu quand même. 

Le show démontre une certaine efficacité dans le déroulement de son intrigue, ses scènes d'action et les nombreuses scènes comiques qui jonchent la saison mais souffre des mêmes relations mec-meuf stéréotypées que l'on a pu / peut voir dans les séries qu'adore produire la cw pour les ados. Encore une fois on a droit au cliché du parent manipulateur, de la soeur petitepestetouslesdeuxépisodesetqu'onaenvied'envoyer20ansaugoulag, de son mec qui ne sert à rien hormis à faire le pseudo Robin obsédé par le héros et enfin du black garde du corps qui se fait manipuler par le petit blanc riche (Diggle savant mélange entre Alfred et un GI Joe) etc.


Une série qui passionne... pour la musculation de son acteur principal: Stephen "Abs" Amell

Mais c'est avec un personnage que la série fait taire ces "petites" critiques: Felicity Smoak, la blonde experte informaticienne qui met les pieds dans le plat dans 300% des cas. Fraîche et drôle, elle est une vraie bouffée d'air frais (putain mais tu nous parles d'un chewing gum ou quoi ?!) dans les récurrentes engueulades de testostérone entre Oliver et Diggle (qui est lui aussi excellent même s'il est frustrant de le voir se faire berner par Robin des... euh Oliver je veux dire).

Rythmé et sans réel temps mort (bon ok y a peut être 3 épisodes très mauvais dans la saison ce qui est une prouesse par rapport à d'autres shows), (Green) Arrow est un vrai bon divertissement avec une vraie destination (pas de fin de saison bricolé à la va vite), des personnages bien installée mais aussi quelques moments de réflexion qui le démarque. Par exemple, le choix d'Oliver de tuer pour soigner sa ville est à de nombreux moments remis en question de par les événements mais aussi et surtout par les personnages composant son entourage et qui expriment leur désaccord (bon pour certains ça les gêne que 2 min mais bon c'est l'intention qui compte comme dit ma maman).


Tel Cupidon, j'insuffle mon amour de la Justice par des flèches dans le coeur de mes ennemis <3

Arrow est une bonne série auquel on s'attache facilement et avec un certain plaisir, pas de prises de tête ou de réflexions spatio-temporelles sur l'île (LOST mon amour) ni de wtf à la Smallville, vous aurez droit à du bon Robin des bois bien barraqué qui sait viser même s'il doit vivre avec la flèche de Cupidon dans son coeur qui lui fait faire n'importe quoi. Ah juste pour prévenir, la production de la série n'offre toujours pas de bonus dvd pour la méthode de musculation de son acteur principal (je dis ça je dis rien hein !).


Note:

/5

Master Class Slip Honnête - À Regarder pour se détendre et baver (ou rager)

dimanche 2 novembre 2014

Review Ciné: Snowpiercer (2013) de Bong Joon-ho

      Un train. D'après le Larousse en ligne (ouh là tu sens le niveau de culture du Slip !), c'est un "convoi de chemin de fer en ordre de marche constitué par un ou plusieurs engins moteurs remorquant ou non un ou plusieurs véhicules".

Imaginer un monde où le train n'est jamais en retard... mais ne s'arrête jamais aux arrêts ! 

Dans "Snowpiercer", il est plus que cela. Plus qu'une machine transportant des Hommes, il est devenu le dernier refuge de l'Humanité dans un monde transformé par un agent chimique qui l'a plongé dans une nouvelle ère glaciaire. Roulant sans s'arrêter sur un chemin tout tracé et dont le tour a été prévu pour représenter une année. Assurant ainsi de par son voyage sans arrêts, la perpétuation d'un certain cycle de vie dans la micro-société que constituent les " voyageurs ".
Air France Low Cost ? Autant prendre le train pour faire le tour du monde !

Le film nous conte l'histoire de la population du dernier wagon du train qui, épuisée par la faim et le système dictatorial des "privilégiés" des wagons plus haut, ont décidé de mettre au point une dernière révolte et de tout faire pour que celle-ci leur permette d'enfin atteindre la locomotive pour mettre fin à cette folie qui n'a que trop longtemps durée (17 ans de croisière ça fatigue un peuple hein !).

Et comme dans toute révolution il faut une figure de leader, un homme se distingue par sa volonté à achever cette entreprise qui ne que peut les mener à une mort certaine: Curtis Everett superbement joué par Chris " Captain America " Evans (hé c'est pas Johnny Storm des 4F aussi ?!). Entré dans ce train à 17 ans, il est l'un des rares personnages à garder en mémoire tout les évènements qui les ont menés à leur " vie " d'aujourd'hui. 

 
Doctor Who, Captain America et Tintin sont dans un train... Qui tombe du wagon ?

Assisté par une figure paternelle bienveillante (John Hurt toujours parfait) qui le pousse à assumer sa position de meneur et un sidekick déterminé (Jamie Bell, bientôt The Thing dans le nouveau film des 4F... hein c'est quoi cette connection avec Evans ?!), Curtis va jouer le tout pour le tout sur une simple supposition (ah qui a dit qu'il y avait qu'au poker qu'on pouvait miser ?) et démarrer une mécanique infernale qui ne prendra fin qu'arrivé à destination.

Il aura aussi à sa disposition un prisonnier (Soong Kang-ho qu'on retrouve ici après ses rôles remarquées dans d'autres réalisations de Joon-ho (Memories of Murder, The Host)) ayant construit le système de sécurité et de verrouillage des portes du train qu'il arrivera à rallier à sa cause en lui promettant de la drogue à lui et sa fille l'accompagnant (ben dis donc... c'est bien l'apocalypse si on peut se droguer en famille!). 


Observer dehors la belle... nature morte!

Postulat de départ pouvant paraître quelconque dans l'immensité des scénarios apocalyptiques que proposent les différents supports de fiction existants, l'histoire va se révéler bien plus profonde et prenante qu'une simple bataille dans un train sncf en plein hiver avec Captain America mal rasé. De l'énonciation des soulèvements précédents ayant échoués à l'affrontement de conclusion en passant par l'enlèvement énigmatique d'enfants dans le premier quart du film, l'intrigue va par petits à-coups interroger le spectateur et lui présenter les tâches d'ombres de ce " nouveau monde ". Ce n'est que lors de l'ultime rencontre avec le créateur et responsable du train, Monsieur Wilford (Ed Harris la définition même de l'acteur impeccable), que toute la " mécanique " du système sera révélée, que tout enfin fera terriblement sens.

 
Evans... arrête de confondre ton bonnet avec le bouclier incassable de Captain America !

Il se présentera alors un ultime choix à Curtis: perpétuer ce système qui pourtant les maintient en vie et représente le dernier bastion de survie de l'Humanité ou faire enfin le choix de briser ce cycle infernal. Un dilemme cornélien presque impossible qui est tout autant présenté au personnage qu'il ne l'est aux spectateurs: au nom de la survie des Hommes, pouvons nous réellement tenir en sacrifiant notre humanité ?

Y a t-il un conducteur dans le train ?

Cette adaptation cinéma de la bande-dessinée française " le transperceneige " (créée par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette) par le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho est une incroyable réussite tant elle apporte au spectateur une relecture intelligente du mythe de construction de la société humaine et dans un sens général ce qui fait notre Humanité. Transposé dans un futur apocalyptique, le film se veut philosophique de par son traitement des individus et la hiérarchisation du train dans lequel ils sont obligés de vivre. Mais plus que son propos philosophique provenant du graphic novel d'origine, le film est aussi un terrible exemple d'efficacité au cinéma: aucun dialogue n'est inutile et tous servent l'intrigue, les acteurs sont tous très justes dans leur rôle (mention spéciale à Tilda Swinton... méconnaissable !) et surtout il y a une esthétique globale ô combien enivrante. 

On est subjugué par la beauté mais aussi la simplicité de scènes comme la bataille dans le wagon d'alimentation en eau qui se fera tantôt dans le noir puis éclaircie par un faisceau de lumière et enfin dans les flammes. L'action est simple, élégante et chorégraphiée parfaitement comme une danse dont les mouvements seraient lisibles par tous (tu entends Michael Bay ?! Prends en de la graine !). De même, la scène se déroulant dans le wagon " scolaire " est terrifiante mais aussi attirante de par le contraste des couleurs avec les personnages principaux mais aussi le message de propagande insupportable véhiculé par l'enseignement et... des chansons pour enfants (comeback de Dorothé ?!) ! 

Enfin le film procède à un "mindfuck" des plus totales lors de sa phase finale avec un assommement de vérités qui si on aura pu les entrevoir et deviner précédemment, prennent toutes leur impact lorsqu'elles sont enfin dîtes à haute voix. On finit ainsi comme Curtis, terrassé par les sacrifices qui ont jonché le long chemin jusqu'aux révélations, dont certaines viennent de lui même. La conclusion se fera dans la douleur avec un simple choix: qui choisir de garder entre l'Humanité et humanité ? Peut-on réellement exister dans un système dictatorial s'il permet notre survie mais pas celle de notre âme et conscience ?


Parfois il faut savoir trancher dans le lard !

Snowpiercer est un film incroyable adaptant à merveille la bande-dessinée de base tout en sublimant son propos philosophique avec sa réalisation coréenne subjuguée d'horreur et de fascination pour ce long chemin en enfer qui ne vous laissera pas... de glace !

Note:

/5

Master Class Slip d'or - À VOIR ABSOLUMENT

samedi 25 octobre 2014

Review Comics VO: Uncanny X-Force by Rick Remender

      Bon dieu, qu'est ce qu'il a mis du temps à venir ce premier véritable article (hein pourquoi vous criez au remboursement?)! En effet, il m'a fallu un bon temps de réflexion pour trouver le sujet sur lequel écrire et c'est tout récemment que j'ai pu enfin le trouver: chroniquer mon tout premier single vo, celui qui déchaina chez moi la passion pour ce type format de comics et provoqua la profonde dépression de mon banquier (amen).

Attention je vous préviens c'est une critique faîte à chaud après avoir relu l'ensemble du run, je vais essayer d'éviter les spoilers et de synthétiser du mieux possible mon ressenti sur cette histoire. 
  • Qu'est ce donc que ce fameux comics?
Lancé en octobre 2010 avec Rick Remender au scénario et Jerome Opena aux dessins, le titre "Uncanny X-Force" prenait racines dans l'évènement mutant "Second Coming" où les différents X-men apprenaient l'existence de ce groupe caché de tueurs dirigé par leur leader: Cyclops alias Scott Summers.

 
Des costumes gris et noirs... à l'image de leur morale à la limite entre le bien et le mal 

L'équipe s'est donc reformée par la suite sous la direction de Wolverine qui de par sa nature de meilleur tueur dans sa partie, trouvait nécessaire l'existence d'un groupe éliminant les menaces contre les mutants avant même qu'ils ne deviennent hors de contrôle.

Car oui, "Uncanny X-Force c'est avant tout l'histoire d'un rassemblement de mutants déterminés à appliquer l'adage du "mal nécessaire". Ce sont tous des personnages ayant vécu assez de moments marquants dans leur existence pour savoir combien il serait judicieux de supprimer les dangers mortels avant qu'ils ne se montrent et sème la mort et la désolation sur leur passage.

Une équipe qui ne fait pas dans la dentelle!
L'équipe est ainsi formée de: Wolverine (le chef idéologique mais aussi des opérations), Psylocke, Archangel, Deadpool et Fantomex (un frenchie! Cocorico!). Groupe qui verra ses rangs augmenter par trois personnages bien particuliers du Marvel Universe mais possédant eux aussi une certaine détermination dans la réalisation de leurs projets personnels.

L'histoire commence ainsi avec Wolverine reformant X-Force dans le dos de Cyclops afin de ne pas le nuire si jamais leurs actions étaient percées à jour mais aussi et surtout afin de "faire ce qu'il faut" pour éliminer les menaces contre la race mutante de manière définitive. Ce faisant, leur première mission va consister en une élimination toute particulière et cruciale: celle d'En Sabah Nur, le mutant Apocalypse (oui vous l'avez compris, c'est le nom parfait pour un méchant !).


http://marvelheros.free.fr/2/images/photo_apocalypse.gif

Mon rêve euro-millions? Dominer le monde!

Apocalypse est l'un des plus grands ennemis des X-men tant à chacune de ses apparitions il les a marqué de par l'immensité de son pouvoir de mutant et les ravages qu'il provoquait dans leurs rangs (mort, trahison et corruption... non vous n'êtes pas dans amour, gloire et beauté!). Son principal atout est qu'étant immortel, il est capable de ressusciter à l'infini et possède une garde rapprochée lui permettant de veiller sur la maturation de son prochain corps et de préparer ses retours.

Averti par Deadpool, X-force infiltre et attaque rapidement le temple secret d'Apocalypse et affronte ses quatre cavaliers: Mort, Peste, Famine et Pestilence. 

 
Des méchants qui portent malheureusement... bien leur nom !

Le combat se poursuivra jusqu'à la Lune où ils devront faire face à une surprise de taille: Apocalypse est encore un enfant. Pas encore endoctriné, il est donc non conscient de sa véritable nature de fou aux théories darwinistes.

Et c'est à ce moment précis que la série révèle enfin sa véritable nature. Si les premiers numéros étaient un concentré d'action efficace, le comics prends tout son sens dans cet instant: à combattre le mal par le mal, peut-on réellement penser gagner en conservant son âme et conscience ? Sommes nous pré-destiné à devenir mauvais ou bien nous le devenons par notre éducation, environnement et actions ?

Uncanny X-Force 4 Cover Comic Art 
Tuer ou être tuer: sont-ils prêt à tout pour protéger les leurs ?

Autant d'interrogations qui vont prendre racine dans cette "simple" décision: tuer ou laisser vivre l'enfant Apocalypse. À partir de là, "plus rien ne sera pareil" (ah ce bon vieux gimmick des comics!) pour les personnages qui vont réellement vivre les conséquences de leurs actions de par leurs doutes mais aussi les nombreuses menaces qui vont tomber sur eux.

Des personnages qui ont trop souffert, trop vécu pour ne pas tenter l'impensable et sacrifier leur honneur pour une cause justifiable et compréhensible mais qui pourtant n'aurait jamais dû être acceptée sans les trop nombreuses blessures qu'ils portent. C'est cette conscience qui malheureusement les rattrapera tôt ou tard lorsqu'enfin ils réaliseront chacun après l'autre ce qu'ils ont fait et les conséquences.
Une douloureuse mais ô combien fascinante descente aux enfers qui leur fera traverser certains runs mythiques des X-men de Grant Morrison en passant par Age of Apocalypse de Scott Lobdell et consorts, pour enfin faire un coucou au titre "Wolverine & The X-men" de Jason Aaron.

http://www.comicsblog.fr/images/news/crop2_UncannyX-Force311.jpg 
Amateurs de lames aiguisées, déposez votre CV !

Ce qui frappe le run de Remender ce n'est pas tant la violence dont font preuve ses personnages mais la pleine exploration de la voie qu'ils ont choisis. Chacun d'entre eux aura droit à son moment de gloire et de miséricorde. De même, ils bénéficieront tous d'une caractérisation riche faisant référence à l'histoire des X-men, ce qui réconforte les vieux lecteurs dans le respect de la continuité mais aussi pousse les jeunots à découvrir des récits au delà de celui-ci.
C'est peut être l'une rares séries que j'ai pu trouver sans réel temps mort (35 numéros tout de même!) et avec des retournements de situation crédibles et ô combien traumatisants. Remender a eu une vraie vision du numéro 1 jusqu'au final et dont l'impact pourra se faire ressentir dans les autres séries Marvel dont il aura la charge. Ce qui permet de lui d'unifier ses histoires dans cet univers aux milliers de personnages mais aussi de leur apporter encore plus de sens et de crédibilité.

Enfin pour finir, il faut saluer l'incroyable galerie de dessinateurs qui ont accompagné le scénariste et on peut le dire il a été sacrément gâté: Jerome Opena, Esad Ribic, Mark Brooks, Rafael Albuquerque, Greg Tochini, Robbi Rodriguez et Phil Noto.
 
Si beau... que c'en est déroutant !

Vous l'avez compris, Uncanny X-Force par Remender est un immanquable et doit nécessairement figurer sur votre prochaine fiche de lecture tant il a marqué l'univers des mutants et a permis à un certain Wolverine d'enfin prendre pleine conscience de ses actes et de sa morale ravageuse.
Note:

/5

Master Class Slip d'or - IMMANQUABLE